Fidèles lectrices et lecteurs du Journal de Socrate, je vous annonce la fermeture provisoire de ce blog.
Depuis le lancement du projet d’un nouveau journal en Suisse – le bimensuel La Cité -, je regrette de n’avoir ni le temps ni l’énergie nécessaires pour continuer à animer le Journal de Socrate.
Je rouvrirai ce blog dès que le destin de La Cité sera fixé, autrement dit je tenterai de relancer le Journal de Socrate dès l’automne 2012.
Fabio Lo Verso
Le journalisme risque-t-il de succomber à l’idéologie de la communication ? Pour esquisser un début de réponse, Fabio Lo Verso, dans un post daté du 7 octobre dernier, s’appuie sur la réflexion combinée de la journaliste Florence Aubenas et du philosophe Miguel Benasayag. Pour ces derniers, le glissement du journalisme vers la communication «commence à partir du moment où les journalistes vont chercher quelqu’un pour symboliser une situation.»
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« Comment distinguer journalisme et communication »? Lorsqu’un talentueux jeune politicien pose cette question, il n’est pas permis de se défiler. Surtout quand on est intimement persuadé que, sans un antidote efficace, le journalisme risque de succomber à l’idéologie de la communication, fût-elle politique ou commerciale. C’est arrivé à l’issue de l’émission Genève à chaud du 6 octobre dernier sur la chaîne genevoise Léman Bleu.
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Dimanche, septembre 26, 2010
Organes de combat, feuilles militantes, idéologiquement engagés, partisans, mais honnêtes. Voilà les traits de caractère qui définissent les journaux d’opinion selon les intervenants au débat ouvert par le Journal de Socrate. Pour Pierre Ruetschi, rédacteur en chef de la Tribune de Genève, on les reconnaît par leur « couleur politique marquée ». Ils sont « au service d’une cause ou d’une vision clairement orientée de la société », analyse Louis Ruffieux, rédacteur en chef de La Liberté.
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Samedi, septembre 25, 2010
Trois questions à Louis Ruffieux, rédacteur en chef de La Liberté.
Quelle est ta définition de journal d’opinion?
Pour moi, le journal d’opinion (sans « s ») est un organe de combat, au service d’une cause ou d’une vision clairement orientée de la société. Le journal d’opinion n’a pas prioritairement le souci de donner à ses lecteurs toutes les clefs de compréhension d’un problème, afin qu’ils puissent se forger eux-mêmes leur opinion. Son rôle est davantage d’appréhender les choses au travers de son prisme idéologique.
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Vendredi, septembre 24, 2010
Ma conception du journal d’opinion est des plus classiques. Le journal d’opinion ne cache pas son orientation politique, économique, sociale ou religieuse. Mais il n’est avant tout un journal d’opinion que parce qu’on le met en opposition avec la presse dite d’information ou « privilégiant les faits ». Etant admis, à tort ou à raison, que cette deuxième catégorie de journaux s’abstient de tout commentaire pouvant être induit et biaisé par les croyances d’une communauté financière ou idéologique. Donc qu’elle est neutre. Donc qu’elle ne pratique pas le prosélytisme. Donc qu’elle est plus respectable dans une optique développée par les tenants du journalisme « moderne ».
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Jeudi, septembre 23, 2010
Quelle est ta définition de journal d’opinion?
Pour moi, un journal d’opinion est un journal qui a une couleur politique marquée et qui s’engage selon cet engagement. Un journal indépendant, comme c’est le cas de la Tribune de Genève et de la plupart des journaux romands, défend aussi des opinions, en toute indépendance, selon des convictions propres de sa rédaction qui dépasse un positionnement partisan. L’opinion n’est donc à l’évidence pas le seul fait des journaux dits d’opinion. A noter qu’internet et les blogs ont redonné du tonus aux opinions carrées, souvent radicales parfois populistes. La liberté de devenir son propre éditeur à peu de frais a multiplié les sites d’un radicalisme dont le ton et « l’opinion » vont parfois bien au-delà du concept de journal d’opinion. Ils rappellent le style pamphlétaire, parfois violent, parfois libératoire, parfois diffamatoire qui a marqué les premières heures de la presse.
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Mercredi, septembre 22, 2010
Voilà une question qui a toutes les chances de surgir au terme d’un débat sur … la presse d’opinion. « Mais qu’entendez-vous au juste par journal d’opinion? ». J’ai personnellement participé à au moins une dizaine de discussions sur le sujet – à la radio, dans la presse écrite ou dans des conférences publiques. Vous aussi? Avouez alors que, souvent, au cours du débat apparaissent autant de définitions d’un « journal d’opinion » que d’intervenants… De quoi obliger le modérateur à (s’arracher les cheveux et) tenter une remise à plat tardive.
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Mercredi, septembre 15, 2010
« Dans les écoles américaines de journalisme, on n’enseigne plus l’objectivité mais l’apparence d’objectivité. » Ce que nous confiait récemment l’un des producteurs de Michael Moore témoigne bien de l’ambiguïté dans laquelle nous sommes aujourd’hui vis-à-vis de cette notion: on n’y croit plus vraiment, mais on ne peut pas y renoncer. Parmi les rares journalistes qui veulent franchement s’en débarrasser, il y a Mark Hunter, professeur américain à Paris: la nouvelle valeur de référence, en ce monde devenu méfiant, c’est selon lui la transparence. Le public accepte ou même préfère les partis pris pourvu qu’ils soient honnêtes.
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Mercredi, septembre 8, 2010
La rencontre de la philosophe et du journalisme donne rarement lieu à une expérience ordinaire. Envoyée en 1961 par The New Yorker pour suivre le procès Eichmann, la philosophe Hannah Arendt affirmera quelques années plus tard, en 1967: « Sans les journalistes, nous ne nous y retrouverions jamais dans un monde en changement perpétuel, et au sens le plus littéral, nous ne saurions jamais où nous sommes ». C’est probablement le plus bel hommage rendu au métier de journaliste.
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